Élu pour 5 ans au suffrage universel direct, le Président de la République est le chef de l'État. Il dispose de pouvoirs propres et partagés qui font de lui l'acteur central de la Ve République, surnommée «République présidentielle».
Certains pouvoirs appartiennent en propre au Président et s'exercent sans contreseing du Premier ministre. Ce sont les pouvoirs les plus forts de la Ve République.
D'autres actes présidentiels nécessitent le contreseing (signature) du Premier ministre et/ou des ministres concernés :
Dans les 15 jours suivant l'adoption définitive d'une loi, le Président doit la promulguer. Il ne peut pas s'y refuser. Il peut demander une nouvelle délibération, mais c'est son seul recours.
La promulgation donne force exécutoire à la loi.
Le Président nomme aux emplois civils et militaires supérieurs : préfets, ambassadeurs, magistrats, officiers généraux, présidents d'universités, directeurs d'établissements publics…
Le Président négocie et ratifie les traités internationaux. Les traités les plus importants doivent être soumis à l'approbation du Parlement (ou à référendum) avant ratification.
Le Président est le chef des armées. Il préside le Conseil de défense nationale. Les codes d'accès à la frappe nucléaire lui appartiennent. C'est le seul à pouvoir déclencher les frappes.
La cohabitation survient quand le Président de la République appartient à un camp politique opposé à la majorité de l'Assemblée nationale. Le Président est alors contraint de nommer un Premier ministre issu de la majorité parlementaire adverse.
Trois cohabitations sous la Ve République :
Depuis le passage au quinquennat en 2000 (mandat présidentiel aligné sur le mandat législatif), le risque de cohabitation est réduit — mais la dissolution de 2024 par Macron a recréé une situation de fait similaire avec une Assemblée fragmentée.