Sondage RTL-M6 du 4 mai : RN largement en tête, Philippe seul challenger du second tour
Sondage RTL-M6 du 4 mai : RN largement en tête, Philippe seul challenger du second tour
À un an du premier tour de la présidentielle 2027, un nouveau sondage confirme les grandes tendances. L'enquête Toluna Harris Interactive, publiée lundi 4 mai pour RTL et M6, teste quatre configurations de premier tour. Le Rassemblement national domine dans toutes. Édouard Philippe reste le seul candidat du bloc central capable de se qualifier pour le second tour.
La méthode : quatre configurations testées
L'institut Toluna Harris Interactive a interrogé 1 725 personnes inscrites sur les listes électorales du 28 au 30 avril 2026. La méthode des quotas a été appliquée, avec une marge d'erreur comprise entre 1 et 2,3%.
La particularité de ce sondage est de tester quatre scénarios distincts pour le premier tour. Le RN peut être représenté soit par Jordan Bardella, soit par Marine Le Pen. Le bloc central peut être porté par Édouard Philippe ou par Gabriel Attal. Les résultats varient sensiblement selon les combinaisons.
Bardella devant Le Pen, Philippe devant Attal
Dans les quatre configurations, Jordan Bardella obtient un score légèrement supérieur à Marine Le Pen. Bardella est crédité de 34 à 35% des intentions de vote au premier tour, contre 32 à 33% pour Le Pen.
L'écart s'explique en partie par la situation judiciaire de Marine Le Pen. Condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité en mars 2025, elle attend un arrêt de la cour d'appel prévu le 7 juillet 2026. Jusqu'à cette décision, Bardella reste le candidat de référence dans les projections. Pour comprendre les enjeux juridiques, consultez notre dossier sur l'appel de Marine Le Pen prévu le 7 juillet.
Du côté du bloc central, Édouard Philippe devance nettement Gabriel Attal dans les quatre configurations testées. Le maire du Havre recueille entre 20 et 26% selon les scénarios, contre 18 à 22% pour l'ancien Premier ministre. Cette avance confirme une tendance observée depuis la réélection de Philippe à la mairie du Havre en mars 2026.
Un 80% d'intérêt inédit pour une présidentielle
Ce sondage contient un chiffre remarquable : 80% des Français se disent intéressés par la présidentielle 2027, dont 45% "beaucoup". Ce niveau d'engagement est rare à un an du scrutin.
Il témoigne d'une polarisation forte de la vie politique française. La confrontation attendue entre le RN et un candidat du bloc central mobilise l'opinion bien avant le début de la campagne officielle.
À gauche, Mélenchon et Glucksmann à égalité
La gauche reste fragmentée. Raphaël Glucksmann (Place Publique) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) sont crédités de 11 à 12% des intentions de vote dans les quatre scénarios testés. L'un comme l'autre talonnent Gabriel Attal dans les configurations où celui-ci représente le bloc central.
Bruno Retailleau, candidat officiel des Républicains depuis le 19 avril 2026, oscille entre 9 et 13% selon les scénarios. Il fait son meilleur score (13%) dans la configuration Marine Le Pen - Gabriel Attal, qui semble libérer davantage d'électeurs de droite traditionnelle.
À l'extrême droite, Éric Zemmour (Reconquête) est crédité de 5 à 6%. Chez les écologistes, Marine Tondelier reste à 4% dans tous les scénarios. Fabien Roussel (Parti communiste) obtient entre 3 et 4%.
Ce que ce sondage ne dit pas
Ce sondage n'est pas une prédiction. Les instituts de sondage eux-mêmes sont les premiers à en avertir.
Gaël Sliman, président d'Odoxa, rappelait récemment qu'"une intention de vote à un an et demi d'une échéance présidentielle n'a aucune valeur prédictive". Les précédents historiques confirment cette mise en garde. En 1994, Édouard Balladur était donné à 33% d'intentions de vote au premier tour, un an avant le scrutin de 1995. Il n'a obtenu que 18,58% et n'a pas passé le premier tour.
Christelle Craplet, directrice opinion d'Ipsos-BVA, a même annoncé que son institut avait décidé de ne plus publier de sondages d'intention de vote pour le premier tour, jugeant "inquiétant" que les partis s'en servent pour "faire le casting de l'élection".
Les enjeux de fond restent déterminants. Selon une grande enquête Ipsos-BVA pour le Cevipof et Le Monde, 60% des Français déclarent des difficultés financières au quotidien. Santé, pouvoir d'achat et éducation dominent les préoccupations. L'élection de 2027 pourrait se jouer davantage sur les programmes que sur les personnalités. Pour suivre les candidats et leurs propositions, consultez notre page candidats à la présidentielle 2027.
Une cartographie qui se stabilise
Ce que ce sondage confirme, c'est la stabilité des grandes tendances depuis six mois. Le RN tient sa première place dans tous les scénarios. Édouard Philippe consolide sa position de second. La gauche reste divisée. La droite traditionnelle cherche sa percée.
À un an du scrutin, le calendrier qui se dessine est celui d'un duel entre le Rassemblement national et un candidat de droite-centre. Mais les scénarios alternatifs restent ouverts : fragmentation de la gauche, percée d'Attal, recomposition autour d'un candidat surprise. La présidentielle de 2027 n'est pas jouée. Pour la suivre en temps réel, retrouvez notre suivi du calendrier présidentielle 2027.
Sources : Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL (4 mai 2026, réalisé 28-30 avril 2026, n=1725), AFP, BFMTV, Le Figaro, CNews, 20 Minutes, La Dépêche, Le Télégramme, RTL, Sud Ouest, Boursorama (4 mai 2026), Ipsos-BVA pour Cevipof/Le Monde (avril 2026), Odoxa-Mascaret pour Public Sénat (avril 2026).