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Europe 2027 : les candidats favorables ou hostiles à l'UE ?

dossiers· 16 juin 2026 · Par ÉlyséeScope ·7 min de lecture

Europe 2027 : les candidats favorables ou hostiles à l'UE ?

L'Europe divise la classe politique française comme peu de sujets. Du Frexit assumé à l'Europe fédérale, les candidats à la présidentielle 2027 portent des visions radicalement opposées de la place de la France dans l'Union européenne. Défense, PAC, migration, élargissement, Frontex : décryptage des positions.

Le paysage européen : un clivage structurant

Le rapport à l'Europe constitue l'un des clivages les plus nets du débat politique français. Depuis le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel, rejeté par 55 % des votants, la question européenne empoisonne régulièrement les campagnes. Le fiasco du Brexit a freiné les velléités de Frexit mais n'a pas tari la défiance envers Bruxelles.

Aujourd'hui, plus des deux tiers des Français restent attachés à l'Union européenne et à l'euro, selon les enquêtes d'opinion. Mais une part significative de l'électorat souhaite une renégociation profonde des traités ou un rapatriement de compétences vers Paris. Ce décalage entre l'attachement à l'Europe et la défiance envers ses institutions structure le débat de 2027.

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RN : l'Europe des nations, le rapatriement des compétences

Le Rassemblement national a officiellement abandonné le Frexit après le débat désastreux de 2017 entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron sur la sortie de l'euro. Mais le fond du projet reste souverainiste.

Marine Le Pen défend une « alliance européenne des nations », c'est-à-dire une Europe intergouvernementale où chaque État retrouve sa souveraineté monétaire, budgétaire, territoriale et législative. Le RN veut la primauté du droit national sur le droit européen. Pour les analystes de Terra Nova et de l'Institut Jacques Delors, cela revient de facto à un Frexit, car « si le droit national prime, le droit européen n'existe plus ».

Sur la migration, le RN prône le rétablissement permanent des frontières et la sortie de l'espace Schengen. Le parti veut aussi renégocier la contribution de la France au budget européen et s'oppose à tout nouvel élargissement de l'UE tant que les institutions ne sont pas réformées.

Concernant la défense, le RN défend un atlantisme pratique : rester dans l'OTAN tout en développant des capacités militaires nationales. Le parti s'oppose à une armée européenne commune, qu'il considère comme une atteinte à la souveraineté.

LFI : désobéissance aux traités et refondation

La France insoumise porte un projet de « désobéissance aux traités européens ». Jean-Luc Mélenchon ne défend pas formellement le Frexit mais propose un plan A/plan B : d'abord négocier une refondation radicale de l'UE, puis sortir si les partenaires refusent.

Sur le fond, LFI veut rendre la souveraineté budgétaire aux États membres en mettant fin aux règles du 3 % de déficit et 60 % de dette. Le parti défend aussi l'autorisation des monopoles publics et de l'aide aux entreprises publiques, actuellement restreints par la législation européenne.

LFI s'oppose à Frontex, l'agence européenne de garde-frontières, qu'elle accuse de militariser les frontières au détriment des droits des migrants. Le parti défend une politique d'accueil et de solidarité, à rebours de la logique sécuritaire promue par la majorité des États membres.

Sur la défense, Mélenchon propose la sortie du commandement intégré de l'OTAN et refuse toute armée européenne. Il veut une politique étrangère indépendante, non alignée sur Washington.

Glucksmann/PS : le saut fédéral européen

Raphaël Glucksmann incarne la position la plus pro-européenne du spectre politique français. L'eurodéputé et fondateur de Place publique défend un « saut fédéral » assumé : suppression du droit de veto au Conseil de l'UE, pouvoir d'initiative législative pour le Parlement européen, et avancée vers une Europe fédérale.

Sa proposition phare : un emprunt commun européen de 500 milliards d'euros pour financer la défense du continent et soutenir l'Ukraine. Il veut aussi créer un fonds de 100 milliards d'euros pour les industries de défense et instanrer un « Buy European Act » réservant les commandes publiques aux productions européennes.

Sur la PAC (Politique agricole commune), Glucksmann propose une réforme en profondeur : des subventions accordées non plus selon le nombre d'hectares mais selon l'emploi et l'utilité écologique. Il défend aussi une harmonisation sociale par le haut, avec une directive européenne pour un revenu minimum dans chaque État membre.

Glucksmann porte enfin un élargissement de l'UE à l'Ukraine et aux Balkans occidentaux, via un « grand traité de réunification du continent européen » d'ici 2030.

Philippe/Horizons : l'Europe coopérative et le multilatéralisme

Édouard Philippe se positionne en européen pragmatique. L'ancien Premier ministre défend l'UE comme cadre de coopération indispensable mais sans le fédéralisme de Glucksmann.

Philippe soutient le renforcement de la défense européenne dans le cadre de l'OTAN, pas contre elle. Il est favorable à une augmentation du budget de la défense au niveau européen et à une meilleure coordination des armées nationales. Sur l'élargissement, il adopte une position de prudence : oui au principe, non à la précipitation.

Sur la PAC, Horizons défend le maintien de la politique agricole tout en la modernisant. Philippe assume un libéralisme économique compatible avec le marché unique européen. Il refuse de remettre en question les traités existants.

La position de Philippe sur la migration est alignée sur la ligne du bloc central : renforcement de Frontex, accords avec les pays tiers pour la gestion des flux, et maintien de Schengen avec des ajustements opérationnels.

Les partisans du Frexit

En marge des grands candidats, plusieurs personnalités défendent encore une sortie de l'UE. François Asselineau (UPR) milite pour « la sortie de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN ». Nicolas Dupont-Aignan prône un « dégagement le plus vite possible » de l'UE pour « reconstruire une Europe légère, gaullienne ». Florian Philippot (Les Patriotes) défend le Frexit par referendum.

Ces candidatures restent marginales dans les sondages (autour de 1 % chacune) mais alimentent le débat sur la souveraineté et contribuent à tirer le RN vers des positions plus radicales sur l'Europe.

Tableau comparatif

ThèmeRN (Le Pen)LFI (Mélenchon)PS/PP (Glucksmann)Horizons (Philippe)
Vision UEEurope des nationsDésobéissance / refondationEurope fédéraleEurope coopérative
DéfenseOTAN oui, armée UE nonSortie OTAN, non-alignementEmprunt 500 Md€, défense UEOTAN + défense UE renforcée
PACProtectionnisme nationalSouveraineté alimentaireRéforme emploi + écologieModernisation PAC
Migration/FrontexSortie Schengen, contrôle nationalSuppression Frontex, solidaritéFrontex réformé, accueilFrontex renforcé, accords pays tiers
ÉlargissementNonConditionné à refondationOui (Ukraine, Balkans d'ici 2030)Oui avec prudence

FAQ

Un candidat propose-t-il le Frexit ?

Aucun candidat majeur ne défend officiellement le Frexit. François Asselineau (UPR) et Florian Philippot (Les Patriotes) le revendiquent, mais restent à environ 1 % dans les sondages. Le RN a abandonné cette position depuis 2017, même si ses propositions reviennent de facto à une sortie progressive selon plusieurs analystes.

Quel candidat est le plus pro-européen ?

Raphaël Glucksmann (PS/Place publique) est le candidat le plus fédéraliste. Il propose la suppression du droit de veto, un emprunt commun de 500 milliards d'euros pour la défense, et un « Buy European Act ». Il défend un élargissement de l'UE à l'Ukraine d'ici 2030.

Que propose LFI sur l'Europe ?

La France insoumise défend une « désobéissance aux traités » avec un plan A de renégociation radicale, puis un plan B de sortie si les partenaires refusent. LFI veut la fin des règles de déficit à 3 % et de dette à 60 %, la sortie du commandement intégré de l'OTAN et la suppression de Frontex.

Comment les candidats se positionnent-ils sur la défense européenne ?

Glucksmann veut un emprunt commun de 500 milliards et un fonds de défense de 100 milliards. Philippe soutient le renforcement dans le cadre OTAN. Le RN veut des capacités nationales. LFI refuse toute armée européenne et veut sortir du commandement intégré de l'OTAN.

Quel candidat veut réformer la PAC ?

Glucksmann propose de transformer la PAC en politique agricole et alimentaire commune, avec des aides versées selon l'emploi et l'utilité écologique plutôt qu'à l'hectare. LFI défend la souveraineté alimentaire. Le RN veut un protectionnisme national. Philippe défend la modernisation sans rupture.

Sources : Le JDD (2022), Euronews (2022), Parlons-politique.fr (2026), Le Télégramme (2026), Wikipédia/Frexit (2026), Libération (2022), Le Figaro (2024), Le Point (2024), Challenges (2025), L'Opinion (2025)

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