Présidentielle 2027 / Sondages · ÉlyséeScope 2027

Édouard Philippe peut-il vraiment battre Jordan Bardella en 2027 ?

Présidentielle 2027 / Sondages· 1 mai 2026 · Par ÉlyséeScope ·5 min de lecture

Édouard Philippe peut-il vraiment battre Jordan Bardella en 2027 ?

Un an avant le premier tour de la présidentielle, les instituts de sondage s'accordent sur un constat : le Rassemblement national arrive largement en tête. Mais une question structure désormais toute la stratégie électorale française. Y a-t-il un candidat capable de battre Jordan Bardella au second tour ? Les chiffres de mars et avril 2026 donnent la même réponse : Édouard Philippe, et lui seul.

Le RN domine le premier tour depuis des mois

Les intentions de vote au premier tour sont stables depuis l'automne 2025. Le Rassemblement national, représenté par Jordan Bardella depuis la condamnation de Marine Le Pen, recueille entre 31 % et 38 % des suffrage selon les instituts et les configurations testées. Un score que la formation n'avait jamais atteint à ce stade d'une campagne.

Derrière lui, le paysage est fragmenté. Édouard Philippe, fondateur du parti Horizons et ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron entre 2017 et 2020, se maintient à 20-21 % dans les hypothèses les plus favorables. Raphaël Glucksmann, eurodéputé et figure montante de la gauche sociale-démocrate, tourne autour de 10 à 13 %. Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) reste à 12-13 % selon les scénarios. Bruno Retailleau, qui a pris la tête des Républicains en avril 2026, progresse mais plafonne à 8-16 % selon les configurations.

Le premier tour ne désignera donc pas le vainqueur. Tout se jouera au second.

Philippe, seul rempart selon les sondeurs

C'est là que les chiffres deviennent décisifs. Un sondage Odoxa-Mascaret publié le 31 mars 2026 pour Public Sénat et vingt titres de la presse quotidienne régionale place Édouard Philippe à 52 % face à Jordan Bardella (48 %) au second tour. Ce même sondage lui donnait 47 % en novembre 2025, contre 53 % à Bardella. Un retournement de cinq points en quelques mois.

Un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche publié quelques jours plus tôt confirme la tendance : Philippe obtient 51,5 % face à Bardella, et 53 % face à Marine Le Pen si celle-ci redevient éligible après la décision de la cour d'appel prévue le 7 juillet 2026.

Tous les autres candidats testés perdent face au candidat RN. Gabriel Attal (Renaissance), l'ancien Premier ministre de 2024, obtientrait 49 % face à Le Pen, insuffisant. Raphaël Glucksmann s'effondrerait à 41-42 % au second tour. Jean-Luc Mélenchon, dans un duel avec Bardella, ne recueillerait que 28,5 % des voix. Bruno Retailleau serait battu à 47 % contre 53 %.

Ces chiffres font d'Édouard Philippe le seul candidat du « bloc républicain » capable de franchir la barre des 50 % face au RN.

Pourquoi Philippe résiste là où les autres échouent

Plusieurs facteurs expliquent cette singularité. Le premier est structurel : Philippe agrège des électorats que les autres candidats n'atteignent pas simultanément. Il capte une part de l'électorat de droite traditionnelle (Les Républicains), une partie de l'électorat macroniste (Renaissance, MoDem) et des électeurs de centre gauche qui refusent à la fois le RN et la gauche radicale.

Selon l'enquête Odoxa du 31 mars, 76 % des sympathisants de droite et du centre se disent prêts à voter pour lui, contre 54 % pour Gabriel Attal et 52 % pour Gérald Darmanin. Cette capacité de rassemblement est inédite dans le bloc central depuis 2017.

Le second facteur tient à son image. Maire du Havre depuis 2020, réélu en mars 2026 au premier tour avec une large majorité, Philippe incarne une forme de compétence concrète à l'échelle locale. Son bilan à Matignon (2017-2020) reste positif dans les enquêtes d'opinion, y compris parmi des électeurs qui ne se reconnaissent pas dans le macronisme.

Enfin, il bénéficie d'un avantage de notoriété sur la quasi-totalité des autres prétendants du bloc central. Son nom circule depuis 2020 comme candidat naturel de 2027. Cette présence longue dans le débat public lui confère une crédibilité présidentielle que ses concurrents n'ont pas encore construite.

Les limites de ces projections

Ces sondages doivent être lus avec prudence. Un sondage à douze mois d'une élections n'a aucune valeur prédictive solide. Les experts de l'opinion le rappellent systématiquement : en 2006, Nicolas Sarkozy n'était pas encore candidat déclaré ; en 2011, François Hollande pointait à 17 % ; en 2016, François Fillon était donné vainqueur de la présidentielle.

La principale inconnue reste la structuration du premier tour. Si la gauche présente quatre ou cinq candidats distincts (Mélenchon, Glucksmann, Faure, Tondelier, Ruffin) et si la droite maintient deux candidats séparés (Philippe et Retailleau), le ticket pour le second tour devient imprévisible. Un report de voix raté côté républicain pourrait offrir le second tour à un duel Bardella-Mélenchon, ce que 29 % à 33 % des sondés choisiraient de ne pas trancher par abstention.

Que disent les électeurs ?

Au-delà des intentions de vote brutes, les enquêtes qualitatives révèlent un paradoxe. 78 % des Français souhaitent un président qui rompe avec la politique actuelle, selon un sondage Odoxa de début 2026. Mais seulement 27 % savent déjà pour qui ils voteront. Et 58 % restent sans réponse quand on leur demande de citer leur président idéal pour 2027.

Ce désir de rupture profite mécaniquement au RN et à son image de force antisystème. Pour Édouard Philippe, l'enjeu des mois à venir sera de faire valoir sa différence avec la séquence Macron tout en mobilisant les électeurs qui veulent une alternative crédible au RN.

La campagne présidentielle n'a officiellement pas commencé. Mais sur le terrain des sondages, le duel Philippe-Bardella est déjà le scénario dominant.

Liens internes :

Sources :

  1. Sondage Odoxa-Mascaret pour Public Sénat, 31 mars 2026
  2. Sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, 28 mars 2026
  3. Le Parisien, sondage Elabe commenté, 28 mars 2026
  4. BFM TV, commentaire sondage Odoxa, 31 mars 2026
  5. Odoxa, sondage désir de rupture 2027
  6. Le Monde, panorama des candidats, avril 2026
  7. BFMTV, Retailleau sondage mai 2026

Sources & références

  • [1] https://www.odoxa.fr/sondage/spectaculaire-come-back-dedouard-philippe-il-remporterait-aujourdhui-la-presidentielle/ [2] https://elabe.fr/presidentielle-2027-iv2/ [3] https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/presidentielle-2027-seul-edouard-philippe-serait-en-mesure-de-battre-le-rn-au-second-tour-dapres-un-sondage-28-03-2026-B6PJB4TNEZBMDIHF2FV74AUUSU.php [4] https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/presidentielle-2027-un-sondage-donne-edouard-philippe-gagnant-face-a-jordan-bardella-au-second-tour_AD-202603310166.html [5] https://www.odoxa.fr/sondage/presidentielle-2027-un-desir-de-rupture-mais-un-reve-sans-visage/ [6] https://www.lemonde.fr/en/les-decodeurs/article/2026/04/26/2027-french-presidential-election-who-s-already-running-who-could-be-and-key-dates_6752856_8.html [7] https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/presidentielle-2027-bardella-et-le-rn-largement-en-tete-au-1er-tour_AN-202409290258.html (lien à vérifier)

Restez informé sur la présidentielle 2027

Analyses, sondages, positions des candidats. Chaque semaine dans votre boite email.

S'abonner à L'Éclaireur →