Macron a 20% de confiance en mai 2026 : un president en fin de mandat qui redefinit la campagne de 2027
Presidentielle 2027 / Sondages·15 mai 2026·Par L'équipe ÉlyséeScope·8 min de lecture
Macron a 20% de confiance en mai 2026 : un president en fin de mandat qui redefinit la campagne de 2027
Vingt pour cent. C'est la cote de confiance d'Emmanuel Macron selon le barometre Elabe publie le 13 mai 2026 dans Les Echos. Une chute de 3 points en un mois, de 5 points en deux mois. C'est son plus bas niveau de popularite depuis plusieurs annees. 74% des Francais declarent ne pas lui faire confiance. A douze mois de l'election presidentielle, l'impopularite du president sortant est devenue l'une des donnees structurantes de la campagne. Elle cree un probleme strategique particulier pour les candidats du bloc central, qui doivent jongler entre heritage et rupture.
## Les chiffres du barometre Elabe de mai 2026
Le barometre Elabe pour Les Echos est une mesure mensuelle de la confiance accordee aux principales figures politiques francaises. L'edition de mai 2026, publiee le 13 mai, donne les resultats suivants.
Emmanuel Macron enregistre 20% de confiance, en recul de 3 points sur un mois. C'est une chute importante dans la mesure ou les chutes de popularite a ce niveau sont habituellement lentes. 74% des Francais declarent explicitement ne pas lui faire confiance.
Sebastien Lecornu, Premier ministre depuis janvier 2025, stagne a 25% de confiance, avec 64% de defiance. Son mandat a ete marque par des tensions parlementaires persistantes, la gestion du dossier budgetaire et plusieurs reformes sociales controversees.
Dans les candidats a la presidentielle, Edouard Philippe est a 32% d'image positive, Gabriel Attal a 28%, Bruno Retailleau a 24% et Gerald Darmanin a 26%. Ces scores sont modestes mais significativement superieurs a ceux de Macron, ce qui pose la question de la relation de chacun avec le president sortant.
## Pourquoi cette chute est structurelle et pas conjoncturelle
La cote de Macron n'a jamais ete elevee depuis le milieu de son premier mandat. Elle avait chute a 25-27% pendant les gilets jaunes (2018-2019), remonte lors de la gestion covid (33-35% en 2020), rechute lors de la reforme des retraites (2023) et stagne depuis a un niveau bas.
Le recul de mai 2026 est alimente par plusieurs facteurs simultanement. Le chomage atteint 8,1% au premier trimestre 2026, effacant l'objectif du "plein emploi a 5%" qui etait un engagement central de 2017. L'inflation cumulee depuis 2021 a ampute le pouvoir d'achat de 8 a 12% pour les menages les moins aises selon la Banque de France. La reforme des retraites de 2023, toujours rejetee par une majorite de Francais, continue de peser sur l'image du president.
L'effacement progressif de Macron est delibere de sa part. Il a reduit ses interventions publiques depuis le debut de 2026, laissant le gouvernement Lecornu davantage en premier plan. Mais cet effacement ne suffit pas a effacer l'image d'une presidence perçue comme distante, parfois meprisante et systematiquement impopulaire.
## Le probleme strategique pour Philippe et Attal
Les deux principaux candidats du bloc central ont construit leur projet politique dans le cadre macroniste. Edouard Philippe a ete Premier ministre de 2017 a 2020. Gabriel Attal a ete Premier ministre en 2024. Tous deux dirigent ou dirigeaient des partis qui etaient des composantes de la coalition gouvernementale.
Etre associe a Macron est un probleme electora l quand l'image du president est negative. La question est donc : comment se distancier d'un president dont on a fait partie sans aliener les electeurs qui votent toujours pour Macron (environ 12 a 15% des Francais) et sans sembler inconsistants ?
Philippe a adopte une strategie claire depuis son installation a Horizons : il revendique son bilan a Matignon (2017-2020) comme positif tout en marquant des distances sur les "erreurs" du second mandat. Sur la reforme des retraites, il avait publiquement exprime des reserves sur la methode. Sur la dissolution de 2024, il s'est montre critique.
Attal est dans une position plus delicate. Il etait Premier ministre lors de la dissolution de 2024, une decision qu'il qualifie dans son livre "En homme libre" de "decisi on politique la plus funeste de la Ve Republique". Cette distanciation d'avec une decision de Macron est spectaculaire mais credibilise sa posture d'autonomie.
## L'impact sur les sondages presidentielle 2027
L'impopularite de Macron a un effet direct sur les intentions de vote pour la presidentielle.
Le "vote anti-systeme" est en partie alimente par le rejet du president sortant. Jordan Bardella beneficie d'une prime au "non-Macron" : dans les sondages, une fraction significative de ses soutiens le choisissent avant tout parce qu'il n'est pas associe au gouvernement sortant.
Pour le bloc central, le plafond de verre est visible. Ni Philippe ni Attal ne parviennent a depasser 22% dans les sondages de premier tour. Ce plafond est en partie explicable par la contamination de l'image macroniste : les electeurs qui rejettent Macron (74%) ne sont pas tous disponibles pour un candidat percu comme son heritier, meme partiel.
La question est de savoir si cette association diminue au fur et a mesure que le mandat de Macron se termine et que son souvenir s'estompe. Les experiences historiques (Sarkozy apres Chirac, Hollande apres Sarkozy) suggerent que la rupture symbolique est possible mais necessite du temps et un positionnement actif.
## Lecornu et le gouvernement : un effet de contagion
Le Premier ministre Sebastien Lecornu stagne a 25% de confiance, avec une tendance plate ou legerement negative. Son gouvernement n'a pas reussi a se doter d'une image propre, distincte de celle de Macron.
Cette situation affaiblit le "bilan gouvernemental" comme argument de campagne pour les candidats du bloc central. Ils ne peuvent pas facilement dire "regardez ce que le gouvernement a accompli" si ce gouvernement est lui-meme impopulaire.
Elle renforce en revanche l'argument de "la rupture dans la continuite" qu'Attal cherche a incarner : "J'ai fait partie de ce gouvernement mais je n'etais pas ce gouvernement. Je suis la nouvelle generation."
## Ce que font les candidats avec cette donnee
Jordan Bardella fait de l'impopularite de Macron un argument de campagne direct. "Macron a echoue", repete-t-il. "La France a besoin d'un vrai changement."
Jean-Luc Melenchon utilise les memes chiffres pour attaquer "le systeme macroniste" et argumenter que Philippe ou Attal ne seraient qu'une "continuation deguisee".
Bruno Retailleau prend soin de souligner sa position de "droite republicaine independante", jamais membre de la coalition macroniste. C'est l'un de ses avantages distinctifs face a Philippe et Attal.
Edouard Philippe reconnait avoir "soutenu Macron" mais insiste sur les "desaccords" qu'il a exprimes depuis 2021. Son argument : "Macron n'est pas ma tutelle, j'ai ma propre vision de la France."
Gabriel Attal est dans la position la plus delicate : il n'a quitte Matignon qu'en septembre 2024. Son livre de septembre 2026 est en partie une tentative de narrer sa propre trajectoire de "liberation" du cadre macroniste.
## L'effet du temps : que se passe-t-il en mai 2027 ?
Un an s'ecoule entre la publication du barometre de mai 2026 et le premier tour de la presidentielle probable de mai 2027. La question est de savoir si l'image de Macron continuera a deteriorer ou si un evenement peut ameliorer sa cote.
Les experiences europeennes recentes (Sarkozy en 2012, Hollande en 2017) suggerent que les presidents sortants tres impopulaires en fin de mandat ont une influence negative sur les candidats qui se reclament de leur heritage. Mais cette influence depend beaucoup de la posture adoptee par le president lui-meme.
Si Macron choisit de s'effacer quasi totalement jusqu'en avril 2027, l'association avec Philippe ou Attal pourrait s'estomper. Si, au contraire, il cherche a jouer un role actif dans la campagne, il risque de peser negativement sur les candidats du bloc central.
Le scenario d'une intervention directe de Macron en faveur d'un candidat du bloc central est credible mais perilleuse. Son soutien vaut les 12 a 15% des Francais qui lui font encore confiance, mais il risque de repousser les electeurs qui s'etaient rapproches du bloc central en pensant avoir tourne la page Macron.
Consultez notre [analyse des sondages presidentielle 2027](/le-radar/sondages-presidentielle-2027-bardella-favori-analyse) pour l'etat complet des rapports de force, et le [profil d'Edouard Philippe](/candidats/edouard-philippe) pour sa strategie de distinction d'avec Macron.
---
**Sources**
- Elabe pour Les Echos, barometre de confiance en la classe politique, mai 2026 : https://elabe.fr/barometre-confiance/
- Les Echos, "Macron tombe a 20% de confiance, son plus bas niveau depuis deux ans", 13 mai 2026 : https://www.lesechos.fr/
- Le Monde, "Macron et son heritage : le dilemme des candidats du bloc central", mai 2026 : https://www.lemonde.fr/
- IFOP pour Le JDD, sondage sur le bilan Macron, avril 2026 : https://www.ifop.com/
- France Info, "Macron a 20% de confiance : que font Philippe et Attal de ce chiffre ?", 14 mai 2026 : https://www.franceinfo.fr/
- Banque de France, note sur l'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat des menages, 2026 : https://www.banque-france.fr/
- BFMTV, "Sebastien Lecornu, un Premier ministre dans l'ombre de Macron", analyse, mai 2026 : https://www.bfmtv.com/
- RTL, "Presidentielle 2027 : le fardeau Macron pour les candidats du bloc central", mai 2026 : https://www.rtl.fr/
- Fondation Jean-Jaures, note "Macron et son heritage en 2027 : leçons des presidences Chirac et Sarkozy", 2025 : https://www.jean-jaures.org/
- L'Opinion, "Macron a 20% : le point de bascule pour la campagne presidentielle", 14 mai 2026 : https://www.lopinion.fr/
L'Éclaireur, c'est 5 actus politiques vérifiées chaque matin. Inscrivez-vous gratuitement.