Histoire des partis · ÉlyséeScope 2027

Les Écologistes : des origines à 2027, une trajectoire politique en construction

Histoire des partis· 18 mai 2026 · Par ÉlyséeScope ·5 min de lecture

En France, les Écologistes ont connu une trajectoire unique dans le paysage politique. Le parti, issu de la confluence de plusieurs mouvements environnementalistes, a progressivement construit une identité politique distincte, oscillant entre l'écologie de gouvernement et la gauche radicale. Retour sur une histoire de quarante ans de combats électoraux, de défaites et de percées surprenantes.

Les origines : de la naissance du mouvement écologique à la création du parti

L'écologie politique en France naît dans les années 1970, portée par les premiers mouvements antimilitaristes et environnementalistes. René Dumont, candidat à la présidentielle de 1974, est souvent présenté comme le premier représentant d'une sensibilité écologique en politique. Il obtient 1,3% des voix, un score modeste mais qui ouvre une voie.

Dans les années 1980, les Verts se structurent progressivement. La formationpolitique prend le nom de Les Verts en 1984. Le parti incarne une nouvelle sensibilité : protection de l'environnement, pacifisme, refusal du productivisme, critique du capitalisme de consommation. Cette identité se construit en opposition aux partis traditionnels, tant à gauche qu'à droite.

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La première percée significative intervient en 1989 lors des élections européennes. Les Verts obtiennent 10,6% des voix, un résultat qui surprend les observateurs et impose l'écologie comme force politique durable en France.

Les années 1990 : entre espoir et désillusion

La décennie 1990 est marquée par une présence accrue des Verts sur la scène politique nationale. En 1992, lors des élections législatives, le parti confirme ses scores européens. En 1997, la décision de Lionel Jospin de constituer un gouvernement pluriel avec les Verts ouvre une nouvelle phase. Noël Mamère est nommé ministre de l'Environnement, une première.

Ce passage au gouvernement ne se fait pas sans tensions. Les Verts s'y révèlent divisés entre puristes et pragmatiques. La question de l'Alliance avec le PS divise le parti dès cette époque, une fracture qui ne s'est jamais refermée complètement.

En 2002, Dominique Voynet obtient 1,5% à la présidentielle. Le score est décevant. Les Verts traversent une période de doute sur leur stratégie et leur identité. Le parti doit se redéfinir face à un contexte politique qui a changé depuis la fin des années 1980.

Les années 2000 : le temps de Cohn-Bendit et de la professionnalisation

L'arrivée de Daniel Cohn-Bendit à la tête des Verts en 2006 change la dynamique du parti. Figure médiatique, ancien de Mai 68, eurodéputé depuis 1994, Cohn-Bendit apporte une notoriété que les Verts n'ont jamais eue. Sous sa direction, le parti prépare les élections de 2007 avec une ambition renouvelée.

En 2007, la candidate des Verts, Dominique Voynet, n'obtient que 1,57% à la présidentielle. La droite sarkozyste et le réflexe de vote utile en faveur du PS en deuxième tour limitent la progression verte. Mais les élections européennes de 2009 offrent une revanche : en juin, Europe Écologie-Les Verts obtient 16,3%, un score historique pour le mouvement écologogiste.

Ce résultat repose sur une stratégie d'ouverture : le mouvement s'appuie sur des figures de la société civile et de l'intellectualité progressiste, Cohn-Bendit en tête, pour élargir sa base au-delà du cercle militant traditionnelle.

La séquence 2010-2020 : de EELV à la tentation de gouvernement

Les années 2010 sont celles de l'alternance écologistes-PS au gouvernement. En 2012, Eva Jolly est candidate à la présidentielle. Le score de 2,3% est décevant comparé aux européennes de 2009. Mais après les élections, les Écologistes participent au gouvernement Ayrault sous ladirection de Nicolas Hulot au ministère de l'Écologie. La participation au pouvoir est un tournant : les Verts montrent qu'ils peuvent gouverner et non seulement protester.

Cette participation a un prix. Plusieurs dirigeants du parti critiquent cette stratégie. Les tensions entre le courant partisan et le gouvernement se multiplient. En 2016, Nicolas Hulot quitte le gouvernement avec une sortie fracassante, denunciant le manque d'ambition de la politique écologique duhollowing.

La même année, les primaires citoyennes,推出 un candidat unique pour 2017 : Benoît Hamon, issu du PS, l'emporte face à Montebourg. L'absence d'un candidat écologistes dédié ouvre une période de transition.

2022 et l'alliance NUPES : un bilan complexe

En 2022, les Écologistes se présentent sous la bannière NUPES, l'union populaire écologique et sociale forgée avec LFI, le PS et le PCF. Yannick Jadot est le candidat officiel du parti. Il obtient 4,1% au premier tour de la présidentielle, un score qui ne reflète pas l'attente croissante pour les questions climatiques dans l'opinion.

Après la présidentielle, NUPES se révèle un mariage difficile. Les divergences sur la question israelo-palestinienne après octubre 2023 et le refus de LFI de participer à une coalition plus large entrainent l'éclatement de l'alliance. Les Écologistes se retrouvent isolés politiquement.

Les échéances intermédiaires de 2023 et 2024 montrent une侧fragilité electorale. Le parti manque de leaders capables de remplacer la génération sortant. La question de la relève est acute.

2026 et le renouveau avec Tondelier

En 2025-2026, les Écologistes connaissent un renouveau sous la direction de Marine Tondelier. Figure montante du parti, Tondelier a su imposerr une ligne de cohérence : écologie, féminisme, laïcité republicaine. Cette triple positionnement la distingue des autres candidats de gauche en lui permettant d'occuper un espace politique distinct.

Les élections municipales de 2026 confirment cette dynamique. Les Écologistes progressent dans plusieurs grandes villes, confirmant leur capacité à capitaliser sur les préoccupations climatiques renouvelées. La candidate vise maintenant la présidentielle de 2027, avec un programme centré sur la transition écologique juste, la justice sociale et la rénovation des institutions.

La question de l'union à gauche et le positionnement pour 2027

La position de Tondelier dans le paysage politique de gauche est complexe. Elle refuse à la fois la logique de fusion avec LFI et le repli sur une écologie de seule gouvernementale. Son positionnement sur la laïcité lui a permis de se distinguer des autres partis de gauche tout en preservant une image de fermeté republicaine.

Les sondages 2027 créditent les Écologistes de scores entre 5 et 8%, un niveau modeste mais qui peut être le socle d'une progression. La clé pour 2027 sera la capacité à deborder le seul electorat écologistede base pour toucher des segments plus larges.

Pour suivre l'évolution des candidats Écologistes et leurs positions programme, consultez notre dossier sur les candidats à la présidentielle 2027 et notre suivi des sondages.


Cet article a été rédigé sur la base de sources officielles : résultats électoraux du Ministère de l'Intérieur, archives du parti Les Verts/Europe Écologie-Les Verts/Les Écologistes, et presse française.

Sources & références

  • Résultats électoraux Ministère de l'Intérieur, archives du parti, presse française (lien à vérifier)

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