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Histoire des Républicains : du RPR gaulliste à la droite divisée de 2026

Histoire des partis· 16 avril 2026 · Par L'équipe ÉlyséeScope ·6 min de lecture
En clair

Les Républicains (LR) : 70 ans d'histoire de la droite française. Du RPF de De Gaulle (1947) au RPR (1976) en passant par l'UMP (2002) jusqu'à LR (2015). Crise Ciotti 2024 : rupture avec le RN, exclusion, mairie de Nice. Retailleau candidat en 2027 avec 36% d'intentions.

Histoire des Républicains : du RPR gaulliste à la droite divisée de 2026

La droite française a changé de nom plusieurs fois depuis 1947. Mais le fil directeur reste le même. Un ancrage dans la tradition gaulliste, une culture du pouvoir, et une tension permanente entre différentes familles de la droite. Les Républicains (LR), créés en 2015, sont les héritiers d'une longue lignée qui remonte au RPR de Jacques Chirac.

Les origines gaullistes : du RPF au RPR

Tout commence en 1947. Le général de Gaulle fonde le Rassemblement du peuple français (RPF) pour revenir au pouvoir. Ce mouvement disparaît en 1955. Mais la dynamique gaulliste survit.

En 1958, de Gaulle revient au pouvoir et fonde la Ve République. Ses héritiers politiques se structurent autour de l'Union pour la Nouvelle République (UNR), qui deviendra l'Union des Démocrates pour la République (UDR).

En 1976, Jacques Chirac fonde le Rassemblement pour la République (RPR). Ce parti domine la droite française pendant 25 ans. Il incarne un gaullisme pragmatique, attaché à la souveraineté nationale mais ouvert sur le plan économique.

Le RPR connaît ses propres tensions internes. En 1995, la droite se déchire entre Chirac et son rival Édouard Balladur. Nicolas Sarkozy, alors proche de Balladur, doit se réconcilier avec Chirac après sa victoire. Alain Juppé, fidèle parmi les fidèles, devient Premier ministre.

Les figures du RPR

Plusieurs personnalités marquent cette période. Jacques Chirac, fondateur et figure tutélaire. Alain Juppé, son premier lieutenant, deux fois Premier ministre. Philippe Séguin, qui inspire le discours sur "la fracture sociale" en 1995. Et Nicolas Sarkozy, le turbulent protégé de Balladur qui finit par se rallier à Chirac.

La création de l'UMP en 2002

Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen passe au second tour à la place de Lionel Jospin. La droite prend conscience que sa dispersion est un danger. La victoire de Chirac au second tour avec 82% des voix masque cette réalité.

Le 24 avril 2002, le RPR approuve la création d'une Union pour la majorité présidentielle (UMP). Ce grand rassemblement fusionne le RPR, Démocratie libérale et une partie de l'UDF. L'objectif est de mettre fin aux divisions structurelles de la droite.

L'UMP soutient les gouvernements Chirac-Raffarin puis Chirac-de Villepin entre 2002 et 2007. Nicolas Sarkozy prend progressivement le contrôle du parti à partir de 2004. Sa victoire présidentielle en 2007 consacre son leadership.

L'ère Sarkozy et les premières crises

Sous Sarkozy, l'UMP connaît une période de domination. Mais dès 2012, le parti bascule dans l'opposition. Les crises s'enchaînent.

En 2012 et 2013, le parti traverse une crise de gouvernance autour des élections internes. Jean-François Copé et François Fillon se disputent la présidence dans un duel fratricide. Les comptes de campagne de Sarkozy pour 2012 sont rejetés par le Conseil constitutionnel.

En 2014, Sarkozy revient à la tête du parti. Le 30 mai 2015, après un vote des adhérents sur internet, l'UMP change de nom. Le parti devient Les Républicains lors d'un congrès fondateur. L'objectif affiché est de rassembler toute la droite dans la perspective de 2017.

La présidentielle 2017 et la chute de Fillon

François Fillon remporte la primaire de la droite en novembre 2016. Il part favori pour la présidentielle. Sa campagne s'effondre en février 2017 avec les révélations du Penelope Gate. Fillon est mis en examen pour détournement de fonds publics.

LR perd la présidentielle et ne se qualifie pas au second tour. Le choc est immense. La domination du parti depuis 2002 prend fin. Le mouvement En Marche d'Emmanuel Macron aspire une partie des cadres et des électrices de LR. Des ministres comme Gérald Darmanin, Édouard Philippe ou Bruno Le Maire rejoignent le gouvernement Macron.

Les présidences successives se succèdent alors. Laurent Wauquiez de 2017 à 2019, puis Christian Jacob de 2019 à 2022, puis Éric Ciotti élu en décembre 2022 face à Bruno Retailleau.

La crise Ciotti de 2024 : la fracture avec le RN

L'épisode le plus traumatisant de l'histoire récente du parti se produit en juin 2024. Éric Ciotti, président de LR, annonce unilatéralement un accord avec le Rassemblement national pour les élections législatives. Le bureau politique du parti l'exclut "à l'unanimité". Ciotti refuse de partir et ferme physiquement le siège du parti.

Le sénateur LR Philippe Bas résume le sentiment dominant : "Eric Ciotti ne peut plus rester le président du parti créé par Jacques Chirac pour unir la droite et le centre après sa victoire de 2002 contre Jean-Marie Le Pen."

Cette crise cristallise la tension structurelle de LR. Une partie du parti, héritière de la tradition chiraquienne (Pécresse, Bertrand, Copé), refuse toute alliance avec l'extrême droite. Une autre partie est prête à aller plus loin dans la droitisation.

Ciotti part et fonde l'Union des Droites pour la République (UDR), allié du RN. Il remporte ensuite la mairie de Nice en mars 2026 face à Christian Estrosi, le chiraquien historique de la ville. Sa cote de popularité monte à 20% (plus 4 points) en avril 2026 selon Ipsos BVA.

Bruno Retailleau et le LR de 2026

Bruno Retailleau prend la présidence de LR en 2025. Sénateur de Vendée, ancien Garde des Sceaux sous Macron, il incarne une droite assumée avec un programme de rupture sur les questions régiliennes.

Il a officialisé sa candidature à la présidentielle 2027. Dans les sondages d'avril 2026, il recueille 36% de Français qui pensent qu'il ferait un bon candidat, selon Ifop pour LCI. Il arrive derrière Philippe et Bardella, mais devant Darmanin et Attal.

Sa stratégie : occuper l'espace de la droite classique face à un RN qui s'est installé à la première place. Il refuse de s'effacer devant Philippe pour une candidature unique, même si une réunion stratégique entre LR, Horizons, MoDem et UDI s'est tenue le 15 avril 2026.

Nicolas Sarkozy, lui, comparaît devant la cour d'appel de Paris en avril 2026 dans l'affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. Un procès qui complique encore la position de LR dans l'opinion.

Suivez le profil complet de Bruno Retailleau sur ElyséeScope.

La question identitaire du parti

Au fond, LR fait face à une question qu'il n'a pas encore résolue. Qu'est-ce que la droite française en 2026 ?

Est-ce la droite gaulliste, attachée à la souveraineté de l'État, à l'unité nationale et à la distance vis-à-vis des extrêmes ? C'est la tradition des Pécresse, Bertrand et Copé, qui restent viscéralement opposés à toute alliance avec le RN.

Est-ce la droite conservatrice, proche des positions du RN sur l'immigration et la sécurité, mais distincte sur les questions économiques et européennes ? C'est la ligne de Retailleau.

Cette tension n'est pas nouvelle. Elle remonte à la création du Front national dans les années 1970. Mais le RN devenu premier parti de France la rend plus aiguë que jamais.

À un an de la présidentielle 2027, LR cherche encore sa place dans un paysage politique recomposé.

Consultez notre page complète sur les élections présidentielles 2027 pour suivre l'actualités des candidatures.

Retrouvez aussi notre analyse sur Édouard Philippe et les sondages d'avril pour comprendre les rapports de force au sein du bloc centre-droit.


Sources officielles

  • Wikipédia, Les Républicains (historique complet) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_R%C3%A9publicains
  • BFMTV, Du RPR à LR, les crises de la droite : https://www.bfmtv.com/politique/les-republicains/du-rpr-a-lr-les-deballages-et-les-psychodrames-qui-ont-marque-l-histoire-de-la-droite_AV-202406130031.html
  • La Croix, Les Républicains, historique du parti : https://www.la-croix.com/France/les-republicains-lr-parti-droite
  • Libération, Crise LR juin 2024 : https://www.liberation.fr/checknews/crise-chez-les-republicains-le-decompte-des-elus-lr-contre-un-ralliement-au-rn-et-de-ceux-qui-y-sont-prets-20240611_7FDMDFT2HFCI3MOWXCGAT7TZYE/
  • L'Opinion, Retour des chiraquiens, avril 2026 : https://www.lopinion.fr/politique/les-republicains-le-retour-du-clan-des-chiraquiens
  • Le Figaro, réunion LR-Horizons du 15 avril 2026 : https://www.lefigaro.fr/politique/presidentielle-2027-edouard-philippe-confirme-sa-remontee-mais-ne-devance-pas-jordan-bardella-20260412
  • TF1 Info, sondage Ifop pour LCI, avril 2026 : https://www.tf1info.fr/politique/sondage-2027-election-presidentielle-2027-edouard-philippe-le-plus-a-meme-d-etre-un-bon-candidat-selon-une-enquete-ifop-pour-lci-2431911.html

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