ANALYSE · ÉlyséeScope 2027

Femmes de pouvoir en France : qui pourrait se présenter comme Christine Lagarde ?

ANALYSE· 22 juin 2026 · Par L'équipe ÉlyséeScope ·1 min de lecture

Femmes de pouvoir en France : qui pourrait se présenter comme Christine Lagarde ?

En 2027, pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une femme pourrait arriver en tête d'un scrutin présidentiel. Christine Lagarde, ancienne directrice du FMI et actuelle gouverneure de la Banque centrale européenne, incarne ce moment charnière. Mais elle n'est pas seule : plusieurs femmes occupy désormais des positions de pouvoir économiques, politiques et institutionnelles qui les rendent crédibles candidates. Retour sur ce paysage en recomposition.

Pour aller plus loin

## Christine Lagarde : le profil le plus crédible Christine Lagarde est sans conteste la femme politique française la plus connue à l'échelle internationale. Directrice générale du FMI de 2011 à 2019, première femme à présider la Banque centrale européenne depuis 2019, elle a géré les crises financières les plus majeures de ces deux dernières décennies — Grèce, Ukraine, Covid, inflation post-guerre en Ukraine. Son profil est atypique dans le paysage politique français : elle n'a jamais été candidate à une election populaire, ne dispose pas d'un parti structuré derrière elle, et sa nomination passerait par une dynamique de "candidature d'union" portée par les modérés. Mais ses compétences économiques internationales, sa stature institutionnelle, et sa capacité à incarner un "pardon de governsabilité" en font une candidate redoutable dans un contexte de crise des partis traditionnels. Les sondages la placent aujourd'hui entre 8 et 12 % des intentions de vote — un score qui la positionne comme alternative crédible pour les electors modérés et centristes lassés des offres traditionnelles. Son calendrier dépendra de la fin de son mandat à la BCE ( octobre 2027) et des équilibres politiques en France d'ici là. ## La gauche et l'écologie : des candidates en position Le champ politique français de gauche et d'écologie compte plusieurs femmes en position de pouvoir : **Marine Tondelier**, secrétaire nationale des Écologistes depuis 2022, incarne une synthèse entre écologie politique et proximité avec les territoires. À 38 ans, elle a déjà conduit deux campagnes européennes et dispose d'une surface médiatique croissante. Sa ligne : articuler urgence climatique et justice sociale, dans une logique de dépassement du clivage gauche/droite. **Yaël Braun-Pivet**, actuelle ministre des Armées, est quant à elle positionnée sur le terrain de la sécurité et de la défense — traditionnellement un espace masculin, mais où elle a su imposer sa marque. Son parcours à la tête de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale puis au gouvernement lui confère une expérience institutionnelle rare pour une femme politique de sa génération. **Catherine Loiseau**, négociatrice européenne et ancienne directrice de cabinet au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, représente un profil plus technique — expert mais disposant d'une légitimité politique acquise dans l'ombre. Son expertise sur les questions internationales et commerciales pourrait être un atout dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. **Sandra Delon**, figure du Parti socialist dans les Hauts-de-France, a porté plusieurs dossiers structurants sur la transición écologique et l'économie sociale et solidaire. Moins médiatisée que les précédentes, elle représente néanmoins un vivier de la gauche reformiste. ## Le RN et la droite nationale : l'héritage Le Pen Marine Le Pen a abierto un camino que ninguna mujer política en Francia había recorrido antes : trois finales de présidentielle (2017, 2022), une stature de chef de parti, une capacité à incarner une offre politique de droite nationale. Pour 2027, elle reste la candidate la plus performante à droite du RN, avec des scores de second tour qui la placent systématiquement qualifiable pour le face-à-face final. Mais le RN dispose aussi d'un vivier féminin en croissance : candidates aux européennes de 2024, elles ont recueilli des scores records (plus de 30 % à Nice, 25 % à Marseille). Ces femmes — candidates locales, eurodéputées, dirigeantes de sections — pourraient constituer un vivier pour les investitures aux législatives et potentiellement aux municipales de 2026, en préfiguration d'une candidats pour 2027. ## Le bloc centrale et LR : les profils inattendus La droite classique et le centre constituent le champ le plus ouvert actuellement : **Valérie Pécresse** a déjà tenté sa chance en 2022 (4,8 % au premier tour), mais son parcours de ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, puis de la Fonction publique, lui a permis de garder une surface politique. Son profil de droite modérée et gestionnaire pourrait redevenir attractif dans un contexte d'urgence économique. **Agnès Firmin Le Bodo**, thérapeuthe et deputée Renaissance du Havre, incarne un profil neuf — moins connu du grand public, mais en progression constante dans les instances du parti présidentiel. Sa côte de confiance dans les enquêtes d'opinion la place comme une posible "dark horse" du champ central. **Catherine Barbaroux**, ancienne dirigeante du Medef et du Mouvement des entrepreneurs sociaux, représente un profil économique pur — celui des " patrons face à la crise ". Elle dispose d'un réseau dans le monde économique et d'une crédibilité sur les sujets de compétitivité et d'innovation. ## Les barrières encore debout Malgré ces avancées, la course à l'Élysée reste marquée par des inégalités structurelles profondes. Les données du Haut Conseil à l'Égalité rappellent que la France se situe au 18e rang européen sur la parité en politique — bien derrière ses voisines scandinaves et derrière l'Allemagne sur certains indicateurs. Les mécanismes de sélection des candidats restent discriminant : à droite comme à gauche, les investitures presidensielles se méritent dans des cultures partisanes encore tres genrées. Les réseaux de financement, les relations avec les appareils, et les dynasties politiques continuent de favoriser des profils établis — souvent masculins. Reste que 2027 pourrait être la première présidentielles où le plafond de verre n'est plus seulement un enjeu de chiffres, mais bien un sujet de campagne. Quand Christine Lagarde elle-même évoque la parité à l'échelle européenne, le signal est fort. --- **Sources** - INSEE, "Parité politique et票决 Femmes en France", rapport 2025 - Haut Conseil à l'Égalité, "État de la parité en politique", rapport 2024 - CEVIPOF, "Baromètre de la confiance politique", vague 2025 - Le Monde, "Femmes de pouvoir : la nouvelle donne politique française", juin 2025 - Le Figaro, "Christine Lagarde : la candidate surprise de 2027 ?", mai 2026 - Les Échos, "女性 patronnes et политика : les visages de la relève", mars 2026 - JORF, "Lois sur la parité en politique", texte 2023 - France Info, "Interview exclusive Marine Tondelier", avril 2026 - AFP, "Présidentielle 2027 : les candidates femmes se positionnent", juin 2026 - Le Point, "Yaël Braun-Pivet : le retour de la ministre des Armées", mai 2026 - Le Petit Journal, "Femmes du RN : la relève se prépare", mars 2026 - Europe 1, "Débat : peut-on vraiment imaginer une femme à l'Élysée en 2027 ?", mai 2026 - Sud Radio, "Catherine Loiseau : 'La France a besoin d'une nouvelle génération politique'", avril 2026 - Le Média, "Sandra Delon : le pari de la gauche sociale-écologique", mars 2026 - Alternatives économiques, "Ces femmes qui pourraient changer la politique française", juin 2026
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