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Présidentielle 2027 : dossier complet candidats, sondages et enjeux à un an du scrutin

Présidentielle 2027· 13 avril 2026 · Par L'équipe ÉlyséeScope ·7 min de lecture

Présidentielle 2027 : dossier complet candidats, sondages et enjeux à un an du scrutin

Avril 2026. Il reste exactement un an avant le premier tour de l'élection présidentielle française. Le pays a traversé trois années d'instabilité gouvernementale. Le RN caracole dans les sondages. La gauche est fragmentée. Le centre cherche encore son candidat unique. Dans ce contexte, comment se présente la course à l'Elysée ? Ce dossier fait le point sur tous les éléments clés.

Le contexte politique : trois ans d'instabilité

Depuis 2024, la France a connu une succession de gouvernements fragiles. Après la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron en juin 2024, aucune formation n'a pu dégager de majorité absolue. François Bayrou, nommé à Matignon en janvier 2025, a été renversé par une motion de censure en septembre 2025. Sébastien Lecornu lui a succédé et dirige depuis un gouvernement minoritaire.

Cette instabilité a des conséquences directes sur la présidentielle. Les électeurs sont fatigués de l'impuissance de l'exécutif. La demande de changement est forte. Selon l'enquête de la Fondation Jean-Jaurès publiée en avril 2026 : "Le paysage politique est marqué par de fortes tensions" et "la présidentielle 2027 s'annonce comme un moment de forte mobilisation".

Le RN en tête dans tous les sondages

Quel que soit le candidat retenu par le Rassemblement national, Jordan Bardella ou Marine Le Pen, le parti d'extrême droite domine les enquêtes d'opinion. Les chiffres sont stables depuis plusieurs mois.

Jordan Bardella est crédité de 33 à 36 % des intentions de vote au premier tour. C'est deux fois plus que son concurrent le plus proche. Marine Le Pen, si elle est autorisée à se présenter malgré sa condamnation en première instance pour détournement de fonds européens, obtient des scores comparables (33 à 35 %).

Le verdict de la cour d'appel de Paris est attendu le 7 juillet 2026. Si l'inéligibilité est confirmée, Le Pen ne peut pas se présenter. Bardella deviendrait alors le candidat naturel du RN. Pour suivre ce dossier, consultez notre article sur l'appel du 7 juillet.

Pourquoi le RN est-il si haut ?

Plusieurs facteurs expliquent cette domination. Le RN capte le vote protestataire des catégories populaires et des zones désindustrialisées. Il a renforcé sa base électorale aux européennes 2024 et aux législatives de la même année. Les électeurs LR déçus par le macronisme se sont progressivement tournés vers lui.

La mobilisation de son électorat est aussi un facteur décisif. Selon Elabe, 77 à 82 % des électeurs RN déclarent vouloir voter, contre une participation beaucoup plus incertaine chez ses adversaires.

Edouard Philippe : le seul capable de battre le RN au second tour

Dans la configuration actuelle, Edouard Philippe est le seul candidat non-RN que les sondages donnent vainqueur au second tour face à Bardella. Le maire du Havre, réélu triomphalement aux municipales de mars 2026 avec plus de 47 % des voix, obtient entre 15 et 22 % au premier tour selon les enquêtes.

Les projections de second tour sont serrées mais favorables à Philippe. Selon Le Parisien (sondage de mars 2026), Philippe battrait Bardella 51,5 % contre 48,5 %. Il battrait Le Pen 53 % contre 47 %. Aucun autre candidat n'obtient ce résultat dans les simulations.

Son atout principal est sa capacité à rassembler une partie de l'électorat socialiste modéré en plus du centre-droit. Sa faiblesse : il n'est pas encore officiellement candidat, et son camp (Horizons, Renaissance, MoDem) tarde à se réunir autour d'un seul nom.

La gauche : trois candidatures, zéro qualification au second tour

La gauche française aborde l'élection présidentielle de 2027 dans un état de division avancée. Trois candidatures principales coexistent sans se rejoindre.

Jean-Luc Mélenchon (LFI)

Le fondateur de La France insoumise se dirige vers une quatrième candidature à l'Elysée. Il est crédité de 10 à 13 % des intentions de vote au premier tour. Il est la personnalité politique la plus rejetée de France avec 66 % d'opinions négatives. Sa candidature capte l'électorat populaire et jeune, mais bloque la construction d'une gauche unie.

Raphaël Glucksmann (PS / Place publique)

Premier secrétaire du Parti socialiste, Glucksmann est la figure montante de la gauche social-démocrate. Crédité de 10 à 16 % selon les sondages, il est le candidat de gauche qui peut recruter au-delà de son socle traditionnel. Son programme pro-européen et sa posture modérée attirent une partie de l'électorat d'Emmanuel Macron. Notre dossier sur Glucksmann détaille son profil et ses positions.

Marine Tondelier (Les Ecologistes)

Secrétaire nationale des Ecologistes, Tondelier participera à la primaire d'octobre 2026. Elle est créditée de 4 à 6 % dans les sondages. Son score est insuffisant pour le second tour, mais son influence sur la primaire peut être décisive.

Sans union à gauche, aucun candidat ne peut dépasser 16 %. Avec un candidat unique, un second tour devient possible. Mais le scénario d'un candidat unique incluant Mélenchon est rejeté par les Ecologistes et le PCF.

La droite traditionnelle : Retailleau en solo

Bruno Retailleau, président des Républicains depuis 2024, s'est officiellement déclaré candidat le 12 février 2026. Il est crédité de 7 à 16 % selon les sondages et les configurations testées. Son score est perfectible, mais il reste en dessous du seuil du second tour.

Son positionnement est délicat. Il cherche à incarner une droite souverainiste et ferme sur l'immigration, sans basculer vers l'extrême droite. Son électorat potentiel est en partie capté par Bardella d'un côté, Philippe de l'autre.

Les enjeux du scrutin : économie, sécurité, Europe

Selon l'enquête électorale française d'avril 2026 de la Fondation Jean-Jaurès, les priorités des électeurs sont d'abord économiques et sociales. Le pouvoir d'achat, le chômage et les services publics dominent les préoccupations. L'immigration et la sécurité arrivent ensuite.

Cette hiérarchie des priorités favorise les partis qui ont une offre économique crédible et perçue comme concrète. Le RN en profite directement. Philippe également. Mélenchon aussi, mais son rejet personnel limite sa portée.

Le calendrier à retenir d'ici au scrutin

Plusieurs échéances jalonnent la route vers l'Elysée :

  • 7 juillet 2026 : verdict de l'appel sur l'inéligibilité de Marine Le Pen
  • 11 octobre 2026 : primaire de la gauche unitaire (sans LFI)
  • Fin 2026 : déclarations officielles de candidature attendues
  • Début 2027 : collecte des parrainages (500 signatures d'élus)
  • 11 ou 18 avril 2027 : premier tour de la présidentielle

Ce qui peut encore tout changer

A un an du scrutin, plusieurs inconnues majeures subsistent. Le verdict du 7 juillet 2026 sur l'inéligibilité de Marine Le Pen peut reconfigurer le camp RN. Une candidature unique à gauche peut modifier les rapports de force. La santé économique de la France peut peser sur les intentions de vote.

La présidentielle 2027 reste une élection ouverte. La seule certitude est que le RN sera au second tour. Tout le reste est encore en jeu.

Pour suivre l'actualité de la présidentielle semaine après semaine, consultez notre espace dédié à l'élection présidentielle 2027. Et pour les détails sur le calendrier constitutionnel, lisez notre article sur les dates du premier et du second tour.

Pour aller plus loin

Sources & références

  • Ifop, Odoxa, Elabe, Cluster17, Le Parisien, 20 Minutes, BFMTV, Sud Radio, Public Sénat, Fondation Jean-Jaurès (lien à vérifier)

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