Sondages présidentielle 2027 : Bardella favori, Philippe en embuscade
À un an du premier tour, les sondages pour la présidentielle 2027 dessinent déjà un paysage inédit. Pour la première fois depuis François Mitterrand en 1988, les enquêtes d'opinion désignent un favori aussi tôt dans la course. C'est Jordan Bardella. Mais les urnes sont loin, et l'histoire invite à la prudence.
Jordan Bardella, un score historique pour le RN
Les chiffres sont frappants. Au 1er avril 2026, la moyenne des sondages crédite le bloc RN, sous les noms de Marine Le Pen ou Jordan Bardella, de 33 % des intentions de vote au premier tour. C'est un niveau jamais atteint à pareille échéance.
Jordan Bardella, 31 ans, s'impose comme le candidat naturel de son camp. Selon un sondage OpinionWay pour RCF daté du 23 avril 2026, ses scores sont « inédits depuis François Mitterrand en 1988 », selon l'analyste Frédéric Micheau. 97 % des sympathisants RN estiment qu'il ferait un bon candidat, le plaçant désormais devant Marine Le Pen elle-même dans les préférences internes.
Il reste toutefois une inconnue judiciaire majeure. La cour d'appel de Paris doit rendre son verdict le 7 juillet 2026 dans l'affaire des assistants parlementaire du RN. Ce délibéré pèse directement sur la candidature officielle de Marine Le Pen, qui reste à ce stade déclarée candidate. Pour aller plus loin sur ce point, consultez notre article sur le procès en appel de Marine Le Pen et ses conséquences pour le RN.
Edouard Philippe, seul challenger crédible du centre
En face du RN, les sondages sont clairs : Edouard Philippe est le candidat le mieux positionné pour se qualifier au second tour. Dans un sondage Elabe pour La Tribune Dimanche de fin mars 2026, l'ancien Premier ministre est crédité de 20,5 à 25,5 % des intentions de vote au premier tour.
Sa progression est nette. Le baromètre Odoxa pour Public Sénat du 23 avril 2026 l'inscrit à 47 % de Français qui pensent qu'il « ferait un bon candidat pour son camp », soit 11 points de plus que Gabriel Attal (36 %) et 15 points de plus que Gérald Darmanin (32 %).
Sa réélection en mars 2026 comme maire du Havre a effacé le creux sondagier qu'il traversait. Le président d'Horizons veut s'imposer comme candidat du bloc central sans passer par une primaire, une stratégie risquée mais cohérente avec sa lecture des rapports de force.
En cas de second tour contre Marine Le Pen, Edouard Philippe est donné vainqueur à 53 % contre 47 %. Face à Jordan Bardella, l'écart se resserre à 51,5 % contre 48,5 %. Des marges fragiles, mais réelles.
Gabriel Attal, un repositionnement en cours
Gabriel Attal, 38 ans, reste une figure du bloc central mais subit une érosion d'image selon l'enquête Odoxa-Backbone pour Le Figaro du 23 avril 2026. Il publie un livre-programme qui choisit « un angle plus personnel, pour nouer un lien intime avec les Français ». Une première étape avant les mesures concrètes, selon son entourage.
Sa jeunesse est un atout : il sera le plus jeune des candidats majeurs au printemps 2027. Mais son profil reste pour l'instant moins solide que celui d'Edouard Philippe dans les intentions de vote. Pour comprendre son projet, lisez notre analyse du programme de Gabriel Attal pour 2027.
À gauche, la fragmentation domine
Le bloc de gauche est morcelé. La moyenne des sondages du 1er avril 2026 donne Jean-Luc Mélenchon à 14 %, Raphaël Glucksmann (Place publique) à 12 %, Marine Tondelier (Les Ecologistes) à 4 %. D'autres personnalités sont testées, mais sans percée décisive.
77 % des Français estiment qu'il est temps qu'une femme accède à l'Élysée, selon un sondage OpinionWay du 25 avril 2026. Mais aucune figure ne s'impose pour l'incarner. Une primaire de gauche est prévue pour l'automne, nous l'analysons dans notre article sur la primaire de gauche pour 2027.
Ce que valent les sondages à un an
L'histoire invite à la prudence. Depuis 1995, les sondages conduits un an avant le scrutin se sont révélés peu fiables dans la moitié des cas étudiés, rappelle Le Monde dans son analyse du 18 avril 2026. Le score de Valérie Pécresse avait été surestimé de presque 10 points en 2022. Lionel Jospin était donné finaliste en 2001, avant d'être éliminé dès le premier tour le 21 avril 2002.
Ce que les sondages captent mieux, c'est la tendance de fond : le RN est la seule force perçue en dynamique, selon l'enquête électorale de la Fondation Jean-Jaurès d'avril 2026. Le reste du champ politique est fragilisé. La demande de transformation en profonde a progresé de 7 à 8 points depuis 2023. Les électeurs attendent 2027 comme un moment de rupture.
Le conseil des analystes : « regarder le film plutôt que la photographie ». Les alliances, les primaires, les candidatures surprise et les événements des 12 prochains mois auront plus de poids que les chiffres d'aujourd'hui.
Le calendrier qui structure tout
Le premier tour de la présidentielle devrait avoir lieu le 11 ou le 18 avril 2027. Le second tour, le 25 avril ou le 2 mai 2027. C'est la Constitution qui fixe la fourchette à 20 à 35 jours avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, attendue le 14 mai 2027.
Depuis le 1er avril 2026, les candidats déclarés ou potentiels doivent déjà consigner leurs dépenses de campagne, en veillant à ne pas dépasser les plafonds autorisés. La machine est lancée.
70 % des Français estiment que la campagne est déjà lancée, d'après l'enquête Odoxa-Mascaret du 23 avril 2026. Ils ont probablement raison. Pour suivre l'ensemble du calendrier electoral, consultez notre page dédiée aux dates clés de la présidentielle 2027.