Retraites et protection sociale : ce qu'Edouard Philippe propose pour 2027
Edouard Philippe a ete Premier ministre quand la reforme des retraites a ete votee, en 2023. Il connait donc intimement ce dossier, ses enjeux et ses controverses. Son programme pour 2027 ne remet pas en cause l'age legal de 64 ans, mais il propose des inflexions sur le financement, l'equite et le pouvoir d'achat des pensionnes. Philippe a declare a plusieurs reprises qu'il ne reviendrait pas sur la reforme de 2023. L'age legal de 64 ans serait maintenu. En revanche, il propose d'assouplir les conditions de depart anticipe pour les carrieres longues et les metiers penibles. Un fonds d'action sociale de 2 milliards d'euros par an permettrait de financer ces exceptions, sans toucher a l'architecture generale du systeme. Le candidat Horizons refuse de reculer l'age legal a 65 ans, contrairement a certaines propositions de Bruno Retailleau. Cette difference de position est un des elements distinctifs de sa campagne. Philippe argue que la productivite permet de financer les retraites sans augmenter les cotisations, grace a la croissance. La mesure-phare de Philippe sur l'emploi des salaries ages est l'index seniors. Cette obligation serait imposee aux entreprises de plus de 50 salaries. L'index calculerait le taux d'embauche des salaries de plus de 55 ans, le taux de promotion des plus de 50 ans et le taux de maintien dans l'emploi des seniors. Les entreprises qui ne publieraient pas cet index seraient sanctionnees. Les sanctions prevues seraient une augmentation de la contribution patronale d'assurance maladie pour les entreprises deficitaires sur l'index seniors. L'objectif est d'inciter les employeurs a mieux valoriser l'experience des salaries ages, plutot que de les licencier avant 60 ans. Philippe propose de porter le minimum vieillesse (Aspa) a 1 200 euros par mois, contre environ 1 000 euros actuellement. Cette hausse de 20 % beneficierait a environ 500 000 personnes agees. Le financement viendrait d'une meilleure efficience du systeme de controle des droits et d'une meilleure detection des beneficiaires non declares. Pour les petites retraites (moins de 1 500 euros par mois), Philippe propose un supplement de pouvoir d'achat indexe sur l'inflation. Ce supplement serait finance par un prelevement sur les cotisations des retraites complementaires. Cette mesure concernerait environ 8 millions de pensionnes et representerait un cout de 5 milliards d'euros par an. Sur la sante, Philippe prevoit de renforcer l'assurance maladie obligatoire. Le reste a charge des patients serait reduit par l'augmentation du taux de remboursement pour les soins de ville. Les lunettes, les protheses auditives et les soins dentaires seraient mieux pris en charge, en prolongation de la 100 % sante lancee sous Macron. Le parcours de sante serait simplifie. Les infirmiers pourraient prescrire certains medicaments, les pharmaciens pourraient renouveler les ordonnances chroniques. Cette reorganisation vise a desengorger les hopitaux et les medecins generalistes, alors que la France manque de professionnels de sante dans de nombreuses regions. La grande absente du programme de Philippe sur la protection sociale est la question du financement de long terme. La CNAV projette un deficit structurel de 10 milliards d'euros par an a partir de 2030. Philippe propose de resoudre ce probleme par la croissance et l'immigration selectionnee, sans toucher aux cotisations. Les economistes restent divises sur cette approche.