Société · ÉlyséeScope 2027

Remboursement des protections périodiques réutilisables : ce qui change au 1er octobre 2026

Société· 18 août 2026 · Par Redaction ElyseeScope ·5 min de lecture
En clair

Le remboursement des protections périodiques réutilisables entre en vigueur le 1er octobre 2026. Il concerne les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S, pour les culottes et les coupes menstruelles achetées en pharmacie. La prise en charge est de 60 %, limitée à deux produits par an, avec un prix plafonné à 19 euros pour une culotte. Le cahier des charges de l'ANSES fixe des critères stricts (52 lavages, coton bio, imperméabilité), mais ne décrit pas toute la composition de la zone absorbante. Des marques engagées comme Elia, fondée par Marion Goilav, ont défendu la mesure tout en alertant sur ce point. La responsabilité de choisir de bons produits revient in fine au pharmacien.

Remboursement des protections périodiques réutilisables : histoire, cahier des charges et responsabilité du pharmacien

Longtemps réclamé, le remboursement des protections périodiques réutilisables devient réalité. À partir du 1er octobre 2026, culottes menstruelles et coupes menstruelles seront prises en charge par l'assurance maladie, sous conditions. Cette mesure vise à lutter contre la précarité menstruelle, qui touche des millions de personnes en France. Mais derrière l'avancée, un cahier des charges technique fait débat, et une question demeure : qui garantit la qualité et l'innocuité des produits remboursés ?

Une mesure attendue contre la précarité menstruelle

La précarité menstruelle, c'est la difficulté à accéder à des protections faute de moyens. Elle concerne plusieurs millions de personnes menstruées en France. Les protections réutilisables, culottes et coupes, présentent un double intérêt : elles réduisent le coût sur la durée et limitent les déchets. Encore fallait-il les rendre accessibles. C'est l'objet de la nouvelle prise en charge.

De la promesse à la loi : le calendrier

Le cadre a été posé par le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, pris en application de l'article L. 162-59 du code de la sécurité sociale. Restait à définir les critères précis des produits éligibles. C'est le rôle de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), qui a rendu son avis le 22 juin 2026. L'arrêté fixant le cahier des charges a été publié au Journal officiel le 7 août 2026. L'entrée en vigueur est fixée au 1er octobre 2026, pour environ 6,7 millions de personnes potentiellement concernées.

L'Éclaireur, c'est 5 actus politiques vérifiées chaque matin. Inscrivez-vous gratuitement.

Ce qui est remboursé, et pour qui

Deux familles de produits sont concernées : les culottes menstruelles et les coupes menstruelles (cups). Le remboursement est réservé, d'une part, aux personnes de moins de 26 ans et, d'autre part, aux bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans condition d'âge. La prise en charge par l'assurance maladie est fixée à 60 %, le reste pouvant être complété par une mutuelle. Elle est limitée à deux produits par an et par personne, et s'effectue en pharmacie. Le prix est plafonné : 19 euros TTC pour une culotte, 15,80 euros TTC pour une coupe.

Le cahier des charges : des critères techniques exigeants

Pour être remboursés, les produits doivent respecter des normes précises. Pour une culotte menstruelle, trois couches sont obligatoires : une couche interne drainante en coton biologique certifié GOTS (95 % minimum) ou en lyocell, une couche absorbante d'une capacité minimale de 20 ml, testée après 1 et 52 cycles de lavage à 30 °C sans perte d'absorption supérieure à 10 %, et une couche externe imperméable contre les fuites. Au moins huit tailles doivent être proposées, dont un modèle 12-14 ans. Pour les coupes, le silicone médical catalysé au platine ou le TPE médical sont imposés, à l'exclusion des ions d'argent et des colorants, avec au moins deux tailles. Le seuil de 52 lavages correspond à environ huit mois d'utilisation.

Un cahier des charges qui divise

Ce cahier des charges ne fait pas l'unanimité. Du côté des fabricants, plusieurs jugent le plafond de prix trop bas : ils réclamaient un tarif de base de 23 euros TTC, estimant que 19 euros ne suffisent pas à couvrir des normes aussi exigeantes. Un autre point, plus sensible, concerne la santé : la composition exacte de la zone absorbante n'est pas entièrement décrite par le texte. Or c'est précisément là que peuvent se loger des substances problématiques, comme les PFAS (polluants dits éternels) ou des perturbateurs endocriniens.

Le rôle des marques engagées : Elia et Marion Goilav

Parmi les acteurs qui ont fait avancer le sujet, la marque française Elia, fondée par Marion Goilav, s'est particulièrement mobilisée. Pionnière de la culotte menstruelle en fibres végétales biologiques et certifiée Origine France Garantie, Elia a porté un plaidoyer actif en faveur du remboursement : une lettre ouverte adressée au Premier ministre, ainsi que des prises de parole publiques, notamment sur France Inter, pour défendre l'accès en pharmacie et en faire un levier contre la précarité menstruelle.

Marion Goilav a aussi alerté sur les limites du dispositif. Elle regrette publiquement que « tout ce qui est à l'intérieur de la zone absorbante ne soit pas décrit », ce qui laisse, selon elle, la porte ouverte à des produits contenant des composants indésirables. Pour comprendre concrètement ce que change le remboursement et comment s'y retrouver, Elia a publié un guide détaillé sur le remboursement des culottes menstruelles en pharmacie.

En conclusion : la responsabilité du pharmacien

Le remboursement est une avancée réelle pour le pouvoir d'achat et la santé menstruelle. Mais le cahier des charges, s'il fixe un socle (durabilité, matières, prix), laisse des zones grises sur la composition précise des produits. Comme le souligne Marion Goilav, « la responsabilité incombe alors au pharmacien ». C'est en effet le professionnel de santé qui, au comptoir, oriente vers tel ou tel produit remboursé. Il lui revient de sélectionner des références sûres, saines et durables, pour protéger à la fois la cliente et la confiance dans le dispositif. La réussite de cette mesure ne se jugera pas seulement au nombre de produits remboursés, mais à la qualité de ce qui sera effectivement proposé en rayon.

Sources : Légifrance (décret n° 2026-288 du 17 avril 2026), avis de l'ANSES du 22 juin 2026, arrêté publié au Journal officiel le 7 août 2026, SocialMag, Elia.

Commentaires

Pour commenter, indiquez votre email (il n'est jamais affiché). Les commentaires sont modérés automatiquement : insultes, propos haineux et attaques diffamatoires ne sont pas publiés. Restez courtois et factuel.

Chargement des commentaires...

Restez informé sur la présidentielle 2027

Analyses, sondages, positions des candidats. Chaque semaine dans votre boite email.

S'abonner à L'Éclaireur →