Retraites : le financement au cœur de la campagne présidentielle 2027
Retraites : le financement au cœur de la campagne présidentielle 2027
La réforme des retraites de 2023 a profondément divisé les Français. À l'approche de la présidentielle 2027, le sujet reste brûlant : le déficit du système par répartition atteint 10 milliards d'euros en 2025.
L'état des lieux : un système sous pression
Le système de retraite français par répartition repose sur un principe simple : les actifs cotisent pour payer les pensions des retraités. Mais le rapport démographique se dégrade : 1,7 cotisant pour 1 retraité en 2025.
Quelques chiffres clés :
- Déficit 2025 : 10,2 milliards d'euros
- Dette implicite des retraites : 1 700 milliards d'euros
- Age moyen de départ effectif : 63 ans et 3 mois
- Pension moyenne du privé : 1 350 euros/mois
Jordan Bardella (RN) : indexer les retraites sur l'inflation
Les principales propositions :
- Indexer toutes les pensions sur l'inflation réelle
- Relever la pension minimale à 1 200 euros/mois
- Maintenir l'âge légal à 62 ans
- Créer une « retraite des métiers » pour les professions pénibles
Limites : Le chiffrage varie entre 20 et 40 milliards d'euros selon les Instituts.
Edouard Philippe (Horizons) : la retraite à 65 ans et la capitalisation
Les principales propositions :
- Porter l'âge légal à 65 ans d'ici 2030
- Développer un étage de retraite par capitalisation
- Indexer les pensions sur les prix
- Réformer les régimes spéciaux
Contexte : Philippe est l'auteur de la réforme de 2023 qui a reporté l'âge de 62 à 64 ans.
Consultez le profil d'Edouard Philippe.
Jean-Luc Mélenchon (LFI) : retraite à 60 ans et minimum 1 400 euros
Les principales propositions :
- Rétablir l'âge de départ à 60 ans
- Porter le minimum de retraite à 1 400 euros/mois
- Financer par hausse des cotisations patronales et impôt sur le patrimoine
Coût estimé : Environ 60 milliards d'euros (OFCE).
Bruno Retailleau (LR) : équilibre entre flexibilité et responsabilité
Les principales propositions :
- Maintenir l'âge légal à 64 ans
- Indexer les petites pensions sur l'inflation
- Encourager le cumul emploi-retraite
Gabriel Attal (Renaissance) : ajuster sans durcir
Les principales propositions :
- Maintenir l'âge à 64 ans avec plus de flexibilité
- Porter le minimum à 1 200 euros/mois
- Développer la complémentaire retraite par capitalisation
Analyse comparative des propositions
| Candidat | Age légal | Minimum retraite | Indexation |
|---|---|---|---|
| Bardella (RN) | 62 ans | 1 200 euros | Oui, inflation |
| Philippe (Horizons) | 65 ans (2030) | 1 000 euros | Prix |
| Mélenchon (LFI) | 60 ans | 1 400 euros | Salaires |
| Retailleau (LR) | 64 ans | Index inflation | Oui |
| Attal (Renaissance) | 64 ans flexible | 1 200 euros | Prix/inflation |
Les enjeux : petites retraites et métiers pénibles
Au-delà de l'âge de départ, le problème principal est celui des petites retraites : 15 % des retraités perçoivent moins de 800 euros par mois.
Les métiers pénibles constituent un angle mort du débat : salariés du bâtiment, aide-soignants, routiers... ces professions ne peuvent pas physiquement travailler jusqu'à 64 ou 65 ans.
Le pari de la capitalisation
Philippe mise sur la capitalisation pour compléter la répartition. Les détracteurs répondent que la capitalisation ne finance pas les retraites actuels.
Pour suivre l'évolution des propositions, utilisez le comparateur de programmes.
Sources — DREES, COR, IFOP juin 2026, OFCE, FranceTvinfo