Raphaël Glucksmann présidentielle 2027 : profil, programme et positionnement à gauche
Raphaël Glucksmann est le candidat PS pour 2027. Entre 10 et 16 % dans les sondages, il incarne la gauche pro-européenne face à Mélenchon. L'union à gauche reste l'enjeu majeur.
Raphaël Glucksmann est le candidat du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2027. Né en 1979, ancien eurodéputé, premier secrétaire du PS depuis 2023, il incarne la ligne social-démocrate et pro-européenne d'une gauche qui cherche à se rassembler avant le scrutin. Où en est-il dans les sondages ? Quel est son programme ? Peut-il dépasser Jean-Luc Mélencher ? Voici ce que l'on sait.
Qui est Raphaël Glucksmann ?
Raphaël Glucksmann est né le 8 mars 1979 à Paris. Fils du philosophe André Glucksmann, il a d'abord travaillé comme journaliste et essayiste avant de s'engager en politique internationale. Il a notamment conseiller le président géorgien Mikheil Saakachvili et fondé l'ONG Civil Georgia dans les années 2000.
Il entre en politique électorale en 2019, en tête de la liste commune du Parti socialiste et de Place publique pour les élections européennes. Cette liste obtient 6,2 % et l'envoie au Parlement européen, où il siège jusqu'en 2024. En juin 2024, il mène une nouvelle liste PS-Place publique qui obtient 13,8 %, le meilleur score de la gauche non-LFI aux européennes.
En 2023, il devient premier secrétaire du Parti socialiste, succédant à Olivier Faure. Pour consulter son profil complet, rendez-vous sur sa fiche candidat.
Sa candidature à la présidentielle 2027
Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027. Il est l'un des premiers représentants de la gauche réformiste à se déclarer publiquement. Sa candidature s'inscrit dans un contexte de recomposition profonde du paysage politique français après les élections législatives de 2024 et la fragmentation du bloc gouvernemental.
Les comptes de campagne présidentielle sont ouverts depuis le 1er avril 2026. Les dépenses engagées depuis cette date sont soumises à un plafond de 16,5 millions d'euros pour les candidats du premier tour.
Source : France Info
Son positionnement : une gauche pro-européenne et réformiste
Glucksmann se positionne sur la ligne social-démocrate, dans la tradition du socialisme européen. Il revendique une gauche de gouvernement, attachée à l'État de droit, aux institutions européennes et à la défense des libertés fondamentales.
Plusieurs points le distinguent nettement de Jean-Luc Mélenchon :
Sur l'Europe
Glucksmann est résolument pro-européen. Il soutient un renforcement de la souveraineté européenne face aux grandes puissances. Mélenchon prône, lui, une renégociation des traités et un rapport de force avec Bruxelles, position que Glucksmann rejette.
Sur la Russie et la géopolitique
Depuis ses années en Géorgie, il défend une ligne ferme contre l'expansionnisme russe. Il a soutenu l'aide militaire à l'Ukraine dès le début de l'invasion de 2022, à contre-courant d'une partie de la gauche française. Cette position lui a conféré une crédibilité internationale.
Sur les institutions
Glucksmann ne remet pas en cause les institutions de la Ve République. Il n'appelle pas à une VIe République ni à une refonte du scrutin présidentiel. Cette posture le rend acceptable pour un électorat centriste que Mélenchon ne peut attirer.
Pour comparer les programmes des candidats sur la géopolitique et l'Europe, consultez notre page comparateur.
Son programme : les grandes lignes
Les positions programmatiques de Glucksmann, telles qu'elles ressortent de ses interventions publiques en 2025 et 2026 :
Pouvoir d'achat et travail
Il défend une augmentation du SMIC au-delà des revalorisations automatiques et une réforme fiscale qui allège les ménages les plus modestes tout en taxant davantage les hauts revenus. Le pouvoir d'achat est la première préoccupation des Français selon le baromètre Ipsos BVA-CESI d'avril 2026 : 52 % le citent en priorité, en hausse de six points par rapport à mars.
Source : Ipsos
Retraites
Il s'est opposé à la réforme des retraites de 2023 portant l'âge légal de départ à 64 ans. Il plaide pour un retour à 62 ans. Cette promesse le distingue clairement d'Édouard Philippe, qui a soutenu les réformes successives.
Europe et défense
Il soutient un renforcement des capacités de défense communes au niveau européen. Dans un contexte où les États-Unis ont réduit leur engagement au sein de l'OTAN, il plaide pour une autonomie stratégique de l'Union européenne.
Transition écologique
Il défend une planification écologique avec des objectifs contraignants par secteur et des investissements publics pour accompagner ménages et entreprises dans la bifurcation énergétique.
Les sondages : 10 à 16 %
Les enquêtes d'opinion du premier trimestre 2026 créditent Raphaël Glucksmann de 10 à 15 % des intentions de vote au premier tour. Il se positionne régulièrement en troisième ou quatrième position, derrière Jordan Bardella (34 à 38 %) et Édouard Philippe (20 à 25 %), devant ou derrière Jean-Luc Mélenchon (10 à 13 %) selon les instituts.
Le baromètre Ipsos BVA-CESI pour La Tribune Dimanche (8-9 avril 2026) indique que 16 % des Français déclarent qu'ils seraient satisfaits si Glucksmann devenait président. Ce score le place à égalité avec François Ruffin et François Hollande, aux premiers rangs des personnalités de gauche.
Source : Ipsos
Au second tour, les instituts montrent que Glucksmann perdrait face à Bardella dans la configuration actuelle, le leader RN l'emportant à environ 58,5 %. Un report massif des voix de gauche, et plus encore d'une partie de l'électorat centriste, serait nécessaire pour renverser ce rapport de force.
Source : Le Figaro
Pour suivre l'évolution des sondages semaine après semaine, rendez-vous sur notre tableau de bord.
Glucksmann face à Mélenchon : l'union à gauche en suspens
La question centrale reste la suivante : la gauche peut-elle s'unir autour d'un seul candidat pour éviter la dispersion des voix au premier tour ? Le précédent du Nouveau Front populaire aux législatives de 2024 a montré qu'une alliance électorale est possible pour un scrutin à la proportionnelle. La présidentielle, avec son scrutin uninominal à deux tours, est plus exigeante.
Après les elections municipales de mars 2026, le PS a engagé un débat interne sur le mode de désignation de son candidat : primaire ouverte, primaire fermée, ou candidature directe. Cette discussion a provoqué des tensions. Boris Vallaud, patron du groupe PS à l'Assemblée nationale, a quitté le bureau national en avril 2026 dans ce contexte.
Source : France Info
Le baromètre Ipsos d'avril 2026 indique que 82 % des sympathisants de gauche sont favorables à une primaire. Glucksmann se positionne comme le candidat naturel de la gauche non-LFI, capable d'attirer les électeurs socialistes, écologistes et une partie des centristes déçus du macronisme. Mélenchon, de son côté, revendique une candidature directe sans primaire.
Pour en savoir plus sur les autres candidats de gauche, consultez notre section candidats.
Ce qu'il faut retenir
Raphaël Glucksmann est le candidat de la gauche social-démocrate pour la présidentielle 2027. Sondé entre 10 et 16 % au premier tour, il incarne une alternative à Jean-Luc Mélenchon au sein du bloc de gauche. Sa ligne pro-européenne et sa fermeté géopolitique le distinguent. L'enjeu majeur reste l'union à gauche : une primaire ou une candidature unique modifierait profondément ses perspectives d'ici le premier tour.
Sources & références
- Ipsos, France Info, Le Figaro, Radio France (lien à vérifier)