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Programme economique de Melenchon : rupture, nationalisations et redistribution pour 2027

themes· 27 juin 2026 · Par L'équipe ÉlyséeScope ·4 min de lecture

Le programme economique de Jean-Luc Melenchon pour 2027 s'inscrit dans la continuite de ceux de 2017 et 2022, avec des ajustements. L'axe central reste la rupture avec les politiques d'austerite et la construction du secteur public. Melenchon construit son programme sur l'idee que le marche ne peut pas resoudre seul les problematiques de la transition ecologique et de la justice sociale. Le candidat de France Insoumise propose la nationalisation de plusieurs secteurs cles. L'energie figure en tete : EDF, Engie et les reseaux de distribution seraient reintegres dans le secteur public. L'objectif est de garantir un prix unique de l'electricite, sans augmentation, et d'accelerer la transition energetique. Le programme estime le cout de ces nationalisations a environ 50 milliards d'euros, finances par un emprunt public. Le secteur bancaire serait aussi reorganise. Melenchon propose de creer une banque publique d'investissement qui centraliserait le credit aux entreprises. Les grandes banques privees seraient incitees, par la fiscalite, a financer l'economie reelle plutot que la speculation. Cette mesure vise a differencier son projet de la simple regulation proposee par d'autres candidats de gauche. Sur la fiscalite, Melenchon propose un changement majeur : l'abolition des niches fiscales jugees injustes. La premiere d'entre elles est la Flat Tax de 30 % sur les revenus du capital, que le programme remplace par une fiscalite progressive. Les revenus du capital seraient imposes au meme titre que les revenus du travail, avec un taux pouvant atteindre 60 % pour les revenus les plus eleves. Melenchon propose aussi un impot de Solidarite sur la fortune (ISF) reconstitue, apres sa suppression par Emmanuel Macron en 2017. Le taux serait progressif, de 2 % a 10 % selon la valeur du patrimoine. Cette mesure concerne environ 300 000 contribuables fiscaux. Le programme prevoit aussi une taxe sur les transactions financieres (type Tobin) et une taxation des multinationales a 25 % minimum. Sur le pouvoir d'achat, le programme Melenchon avance plusieurs mesures. Le salaire minimum serait porte a 1 600 euros net par mois, contre environ 1 400 euros actuellement. Les minima sociaux seraient augmentes de 200 euros par mois. L'allocation adulte handicape (AAH) et le revenu de solidarite active (RSA) passeraient a 1 400 euros. Le programme prevoit aussi le blocage des loyers dans les zones tendues et la reduction des frais de mutation immobiliere. Ces mesures visent a repondre a la precarisation de la classe moyenne inferieure. Les economistes qui ont analyse le programme de Melenchon soulignent plusieurs points. Le deficit public pourrait atteindre 5 % a 8 % du PIB si toutes les mesures etaient appliquees simultanement. Les nationalisations representent un cout significatif sans garantie de rentabilite immediate. Les defenseurs du programme repondent que les depenses publiques actuelles ne profitent pas suffisamment aux travailleurs. La transition ecologique necessiterait des investissements massifs que le secteur prive ne peut pas fournir seul. Le programme est concu comme un tout, chaque mesure dependant des autres. La question de l'acceptabilite europeenne et internationale reste ouverte. A 75 ans, Melenchon presente son programme comme le resultat de dix ans de maturation. L'electorat cible reste les salaries, les jeunes, les precaires et les intellectuels. La concurrence avec Raphael Glucksmann, sur le terrain economique, est un enjeu majeur de la primaire de la gauche.

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