Candidats à la présidentielle 2027 : qui sont les prétendants à ce stade ?
Les candidats à la présidentielle 2027 : état des lieux
Dix-huit mois avant le premier tour, le paysage des candidats à l''élection présidentielle de 2027 commence à prendre forme. Si rien n''est figé, certains noms dominent déjà les intentions de vote. Décryptage des principales forces en présence.
Jordan Bardella et le Rassemblement national
Jordan Bardella est le favori des sondages depuis plusieurs mois. Les instituts lui prêtent autour de 30% des voix au premier tour. Agé de 29 ans en 2026, il préside le Rassemblement national depuis 2022 et s''est imposé comme le visage du parti lors des européennes de 2024, qui ont vu le RN arriver en tête avec plus de 30% des voix.
Bardella a construit son profil sur la maîtrise des codes médiatiques. Il apparaît régulièrement sur les chaînes d''information en continu. Son positionnement est celui d''un candidat moderne, capable d''incarner le changement tout en tenant les fondamentaux du RN sur l''immigration et la souveraineté.
La question qui reste ouverte : quel rôle Marine Le Pen jouera-t-elle ? Ancienne candidate à trois présidentielles (2012, 2017, 2022), elle reste la figure historique du parti. Bardella a multiplié les déclarations de respect envers elle. Mais le projet est clair : Bardella candidat, Le Pen soutient depuis l''arrière.
Marine Le Pen : le retour ?
Si Bardella est candidat, Marine Le Pen pourrait-elle se représenter pour un quatrième attempt ? La question n''est pas encore tranchée en interne au RN. Le Pen reste la candidate la plus performante dans les configurations de second tour. Ses scores contre Macron en 2017 (34%) et contre Macron en 2022 (41%) restent les références du parti.
Mais l''argument de l''âge joue. Bardella offre un profil plus jeune, moins marqué par les défaites passées. Le Pen pourrait préférer accompagner la campagne sans être la candidate officielle. Le choix sera tranché en interne, probablement fin 2026.
Laurent Wauquiez pour les Républicains
Laurent Wauquiez s''est positionné comme le candidat naturel de la droite classique. Agé de 49 ans, ancien ministre sous Sarkozy, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il incarne un retour à une droite plus traditionnelle sur les questions sociétales et migratoires.
Les sondages lui prêtent environ 12 à 15% au premier tour. C''est un niveau correct mais insuffisant pour croire à la victoire. Le danger pour Wauquiez est de se retrouver piégé entre Bardella à sa droite et les candidats centristes à sa gauche.
Bruno Retailleau, actuel président du groupe LR au Sénat, est également en position de candidacy. Les deux hommes ne sont pas issus du même courant. Wauquiez est perçu comme plus droitier, plus offensif. Retailleau joue la carte de la respectabilité institutionnelle. La primaire LR, si elle a lieu, sera le moment de la décantation.
Emmanuel Macron : un troisième mandat ?
La question du troisième mandat agite les milieux politiques. Emmanuel Macron ne peut pas, selon les constitutionnalistes les plus établi, se représenter après deux mandats successifs. C''est du moins l''interprétation la plus répandue de l''article 6 de la Constitution.
Mais le silence du principal concerné nourrit les spéculation. Macron n''a jamais fermé la porte explicitement. Son entourage joue sur l''ambiguïté. L''hypothèse d''une nouvelle candidate, portée par la majorité sortante, reste donc sur la table.
Si Macron se représentait, il devrait probablement surmonter un contentieux constitutionnel. Le Conseil constitutionnel aurait à se prononcer sur l''éligibilité. Cette hypothèse reste la moins probable mais la plus déstabilisante pour le paysage politique.
À gauche : fragmentation et recomposition
Le paysage de gauche est le plus incertain. Jean-Luc Mélenchon reste la figure la plus reconnue à gauche de l''échiquier politique. LFI le présente comme candidat naturel. Mais les tensions au sein de la coalition NUPES et les problèmes internes au parti compliquent la perspective.
Raphaël Glucksmann, récent tête de liste aux européennes, a affiché ses ambitions présidentielles. Il tente de réunifier le Parti socialiste autour d''un projet moderne et européen. Les liens avec Place publique lui donnent une exposition médiatique supérieure à la moyenne des responsables socialistes.
François Ruffin, député de la Somme, incarne un autre courant du gauche. Plus ancré dans le réel social, plus critique envers les angles de Glucksmann, sa candidacy reste une possibility without être confirmée.
Du côté du Parti socialista, le processus de désignation d''un candidat n''a pas encore abouti. Le parti reste marqué par l''échec de 2022, qui avait vu la candidate PS éliminée dès le premier tour.
Les centristes et les candidats mineurs
Au centre, François Bayrou reste une figure récurrente. Agé de 72 ans, il a été candidat à plusieurs reprises. Sa stratégie habituelle est la négociation d''un accord avec le candidat potentiellement gagnant. Cette posture de faiseur de roi lui a réussi par le passé.
Xavier Bertrand, ancien ministre LR passé à En marche avant de retourner dans le giron droit, reste une possibilité. Son profil de gestionnaire et son bilan dans les Hauts-de-France lui donnent une côte d''estime. Mais les tensions avec l''aile droite du LR rendent sa position fragile au sein de sa propre famille politique.
Ce qu''il faut retenir
À ce stade, les candidacy ne sont pas formellement ouvertes. Les candidats attendus officialiseront leur participation dans les mois précédant le scrutin. Le Conseil constitutionnel proclamera la liste finale début 2027. D''ici là, des surprises restent possibles : un candidat peut se retirer, une nouvelle figure peut émerger, les dynamiques de sondages peuvent bouger.